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La restauration de la maison de maître de Marquèze

La maison de Marquèze est un des édifices emblématiques de l’airial. Datant probablement de 1824, c’est elle qui justifia la fondation d’un écomusée à cet emplacement en 1969.

Malgré un entretien régulier, plusieurs dégradations y sont apparues. Beaucoup de bois sont fragilisés, car attaqués par des insectes et abîmés par la pluie. L’humidité a aussi provoqué l’affaissement de la façade côté potager. C’est toute la structure qui est menacée.

Lauréate du Loto du Patrimoine 2024, elle est restaurée cette année grâce au soutien de la Fondation du patrimoine, de la Région Nouvelle-Aquitaine et du Département des Landes. Protégée sous un parapluie, la maison est mise à nue, en retirant la chaux de ses murs et les tuiles de son toit. Les bois sont consolidés ou remplacés un par un. Un traitement contre les insectes et les champignons est aussi employé pour garantir sa conservation dans le temps.

© Yohan Espiaube

L'état sanitaire

La maison de Marquèze est un exemple particulièrement représentatif des maisons vernaculaires de Haute-Lande. Elle se trouvait déjà sur l’airial lors de la fondation de l’écomusée, contrairement à d’autres transplantées a posteriori.

Composée d’une structure à pans de bois remplie de torchis, sa charpente est un exemple remarquable du savoir-faire des charpentiers landais, sans clous ni vis mais par chevilles, tenons et mortaise. Les principales poutres sont majoritairement en chêne et le reste des pièces en pin, gemmé ou non. Le torchis est constitué d’argile et de paille de seigle. Couverte de tuiles canal, son toit est à pan coupé (dit « en queue de palombe ») vers l’ouest pour la protéger des vents marins. A l’est, son auvent décoré de poutres est typique de l’architecture locale. En intérieur, outre son plan caractéristique avec des pièces réparties autour d’un foyer central, la maison conserve ses estaoulies, des ouvertures conçues pour les bœufs, disparues dans la plupart des habitations du territoire.
Ce caractère exceptionnel justifia la tenue d’une étude en 2023, afin d’évaluer les différentes altérations subies par la maison. En effet, cette dernière est particulièrement sensible aux aléas climatiques au cours du temps.

Ce rapport fait état d’importantes dégradations latentes. Les bois sont attaqués par des insectes xylophages et parfois des champignons. Les têtes de chevrons subissent le ruissellement des eaux de pluie depuis les avant-toits, tandis que certains bois de poteau reposent directement sur le sol et connaissent des remontées d’eau par capillarité. L’humidité a aussi provoqué l’affaissement vers l’intérieur de la façade nord. L'état sanitaire et parasitaire des bois structurels est donc alarmant et provoque des dégâts physiques sur la totalité des matériaux constitutifs du bâtiment ainsi que ses menuiseries.
D’importants travaux de restauration étaient donc nécessaires, afin d’assurer la pérennité de l’édifice.

© Yohan Espiaube

La restauration

Bien que n’étant pas assujettie à une protection « Monuments historiques », la restauration de la maison de Marquèze répond aux mêmes attendus. La conservation des matériaux d’origine est une priorité et ceux-ci ne doivent pas être dénaturés. Le bâtiment doit retrouver son dernier état connu, sans addition ou soustraction. Une restauration aussi ambitieuse n’a jamais été entreprise sur la maison. Pilotée par un cabinet d’architectes du patrimoine, elle fait appel à différents corps de métier :
 
Le maçon : il a installé l’échafaudage et le parapluie de protection, nécessaire pour protéger la maison le temps des travaux. Par la suite, il doit déposer l’intégralité du mortier de chaux des murs, qui protège le torchis et les bois. Si besoin, il peut enlever une partie du torchis. C’est aussi lui qui doit redresser la façade nord. A la fin du chantier, il restaurera le torchis et chaulera l’entièreté de la maison.
Le charpentier : Grâce au déchaulage, il peut vérifier tous les bois un à un. Ceux pouvant être restaurés seront consolidés par une injection de résine, les autres seront remplacés par des bois de même nature. L’objectif est de conserver le plus de pièces originelles que possible. La maison sera ensuite traitée par un agent fongicide et insecticide. Simultanément, il va déposer l’intégralité de la couverture de tuiles canal pour travailler sur la charpente. Il ne la reposera qu’à la fin du chantier.
Le menuisier et le peintre : ils interviennent sur les fenêtres et les volets. Le premier restaure les menuiseries originelles ou à défaut les restitue, le second les repeint pour garantir leur bonne préservation.

Toutes ces interventions poursuivent deux objectifs. Elles sont curatives, afin d’assurer le sauvetage immédiat de la maison, mais aussi préventives, pour en assurer la bonne conservation et par extension la valorisation, le plus longtemps possible.

Pour découvrir les coulisses de la restauration, des visites sur l'architecture vernaculaire landaise seront exceptionnellement proposées chaque semaine cette saison.

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