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L'arbre de mai à Marquèze

[Au fil des saisons]

Des croyances celtes au rituel de passage vers l’âge adulte

Si l’arrivée du printemps a été annoncée par notre calendrier le 20 mars dernier, jour de l’équinoxe de printemps, la nuit du 30 avril au 1er mai constitue traditionnellement un symbole fort en Europe occidentale. Pendant cette nuit s’opère le passage entre la morte-saison et le renouveau.

Bien sûr, cette renaissance de la nature est entourée d’espoirs. La rosée du 1er mai est par exemple auréolée de pouvoirs purificateurs. Il est donc recommandé de la recueillir ou de marcher pieds nus dans cette offrande de la nature. Mais ce passage était également craint par nos ancêtres car il annonçait le commencement des travaux agricoles dont la survie de la population rurale dépendait en grande partie. De nombreux interdits venaient également frapper ce mois de mai durant lequel il ne fallait pas se marier, il valait mieux éviter les naissances ou dans un autre registre, s’abstenir de se lancer dans la grande lessive.

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                                                          La Maïade à l'Écomusée de Marquèze (B.Zebra).

Il fallait donc mettre toutes les chances de son côté pour que la nature soit clémente. Pour cela, l’arbre, considéré comme un intercesseur entre l’homme et la nature par son enracinement, sa verticalité et la protection apportée par son feuillage, a été choisi depuis de nombreux siècles. Des traces permettent de vérifier la pratique de ce rituel dès le Moyen-Âge, lorsque les paysans posaient un “mai” devant la demeure de leur seigneur. Puis, la plantation de l’arbre de la Liberté dans les communes françaises à partir de la Révolution a attribué une autre signification à cet acte qui se détache désormais de la date du 1er mai. On plante, des peupliers généralement, dans des endroits visibles pour célébrer l’idéal révolutionnaire. Cet arbre accueille dès lors les processions et fêtes civiques. Même si de fortes oppositions se manifestent dès la fin du XIXe siècle par le saccage de ces arbres, certains ornent encore fièrement la place de villages et le symbole vit depuis 1999 au dos des pièces de 1 et 2 euros.

Au fil des siècles, la plantation collective d’un arbre, décoré le plus souvent (le Maypole britannique est très strictement enrubanné), ou la levée d’un mât, prend donc diverses significations. Mais elle est toujours accompagnée de festivités, se tenant à la levée et à la descente de l’arbre. Ces moments de joie pour la communauté, permettant de réunir au-delà des classes sociales et des générations, se doublent bien souvent d’enjeux pour les jeunes à qui ce rituel incombe. Véritable rite de passage vers l’âge d’adulte, le choix de l’arbre, la réalisation de ses décorations, sa protection contre le vol et enfin son érection puis parfois son abattage, représentent des occasions de démontrer son courage et sa force physique.

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                                                          Festivités autour de l'arbre de mai à l'Écomusée de Marquèze (B.Zebra).

Les rituels du Maibaum en Allemagne, de la maïade dans les Landes ou de l’arbre de mai à Locronan sont encore dans certains cas confiés aux jeunes, de 18 ans dans les communes landaises, de 19 ans à Locronan. Cette commune finistérienne, comptant parmi les “Plus beaux villages de France” érige sur la place de l’église un hêtre (symbolisant le réveil de la nature pour les Celtes car premier arbre à fleurir) le samedi précédant chaque premier dimanche de mai. Il est ensuite abattu en juin lors du solstice d’été. Le bas de son tronc est vendu aux enchères. Il était par le passé souvent acheté par les sabotiers, aujourd’hui plutôt par des artistes. Ses branches alimentent le feu de la Saint-Jean. Une variante du rituel qui a disparu consistait à accrocher des branches de hêtre aux fenêtres des jeunes filles courtisées. On parlait alors de “mais d’amours”. On continue en revanche à perpétuer ce rituel dans certaines communes du Morbihan dont les habitants accrochent des branches sur leurs propres façades ou celle du voisin pour apporter protection à la maison et à ses habitants.

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                                      L'arbre de mai à Locronan (Galerie Entre Vues / Office de Tourisme de Locronan)

Pour terminer, si à Locronan, les jeunes disent avoir “fait l’arbre” lorsqu’ils ont participé à ce rituel, on entend souvent les Landais annoncer fièrement qu’on leur a “mis un pin”, ce qui peut surprendre lorsqu’on constate que la personne affiche un visage sans bleu et un large sourire…Alors mettons-nous des pins et partons marcher dans la rosée !

Et si vous faisiez un petit tour en Finistère ? Découvrez Locronan

Certaines informations de cet article ont été puisées dans les fiches de l’inventaire national du Patrimoine Culturel Immatériel, accessibles en ligne : http://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Patrimoine-culturel-immateriel/L-inventaire-national/Inventaire/Fiches-de-l-Inventaire-national-du-PCI/Pratiques-physiques-traditionnelles

Mots-clés: Actualités, 2018, Patrimoine, Culture locale

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